Café mauvais santé
Est-ce que le café est bon, ou mauvais pour la santé ?

C’est un questionnement qui revient extrêmement souvent, même plus exactement sous la forme d’une affirmation, à tort et à travers. Comme beaucoup de problématique abordées de manière épidermique; nous entendons de tout !

Vous additionnez les dires de certains médias, à une certaine époque – dans un contexte particulier – tout en sortant un bout de phrase de son contexte : Vous mixez soigneusement le tout aux potins quotidiens coagulants autour de la machine à café, et vous obtenez Jean-Fabrice Quarantedetension, alertant Claudette sur la présence d’un démon dans le café.

Claudette, terrifiée d’avoir ingurgiter des litres démoniaques depuis sa lunatique adolescence décide de reprendre sa vie en main et vous sort le premier de l’an : « Moi, cette année, j’arrête le café !« 

Grand consommateur de café et passionné de longue date (mais peut-être pas sous la même forme que Claudette), il serait tentant de n’être pas tout à fait objectif. Humain, il est maladroitement coutume de se dire que si cela nous réussi depuis des années (comme la gnôle), « c’est qu’forcément, ça marchera chez tout le monde ! »

Aujourd’hui, et sur ce blog, nous allons justement tenter d’observer, analyser et nous questionner sur ce qui fonctionne pour tout le monde, et ce appuyé le plus possible de littérature scientifique.

Café mauvais santé
Café, Santé ? Hier non, aujourd’hui oui.

Ce qu’il est tout d’abord intéressant d’observer est que de manière générale – plus nous avançons dans le temps, plus les nouvelles études « contredisent » les anciennes, et plus le café s’avère bénéfique pour l’organisme.

La raison ? Probablement la même que pour laquelle de nombreuses études actuelles contredisent des études passées : la consommation élevé d’une substance est bien souvent corrélée à des comorbidités – liés au volume de consommation que peut entrainer, inciter ou encadrer la première.

Voudriez-vous un petit exemple afin d’appuyer mon grimoire ?

Lorsqu’une étude affirme que le fait de se lever tôt augmente l’espérance de vie, l’étude ne prend pas automatiquement en considération le fait qu’un individu, adoptant cette hygiène de vie quotidienne – à un fort taux de probabilité d’être tout autant ordonné et assidu dans son alimentation, son activité physique, ou même sa qualité de sommeil.

Revenons en à nos moutons, ou à Claudette la démoniaque :

Une grande partie des études passées sur les effets d’une forte consommation de café ne prenaient pas nécessairement en considération que celle ci pouvait être bien souvent accompagnée d’une forte consommation de tabac, et d’un mode de vie sédentaire (bureaux – Jean-Fabrice Quarantedetension, Claudette… Démon !)


Que de belles nouvelles pour nous, fervent dégustateurs de belles torréfactions ! La grande majorité des récentes études ont élargies et précisés leur spectre, en écartant le plus possible ces facteurs relatif à l’hygiène de vie, et aux comorbidités corrélées.

la consommation élevé d’une substance est bien souvent corrélée à des comorbidités – liés au volume de consommation que peut entrainer, inciter ou encadrer la première.

Je suis l’auteur de cette douce saloperie
café publicité ancienne

Café mauvais santé
Café et Santé, que disent les récentes études ?


N’en déplaise à Claudette, bien que cela soit les seules résolutions qu’elle su tenir de sa glissante, mais tout de même papillonnante vie, ces récentes études, plus ajustées et équilibrées, nous démontres de nouveaux facteurs fort intéressants sur la diminution des taux de mortalité liées à certaines problématiques :

  • Le café semble être efficace afin de lutter contre la maladie de Parkinson
  • Le café offre de réel intérêts au bénéfice des diabétiques de type 2.
  • Le café peut-être très pertinent en prévention des dysfonctionnements du foie, et même en accompagnement d’un traitement contre son cancer.
  • Le café aurait un rôle préventif contre les arrêts cardiaques et AVC (accident vasculaire cérébrale)
  • Le café aurait un rôle protecteur du foie contre les effets indésirable que peut apporter une consommation d’alcool

Des études épidémiologiques ont suggérées que la consommation de café pourrait réduire le risque de nombreux cancer grâce à l’activité de ses constituants anticancéreuses ou des composés polyphénoliques qui inhibent la cancérogenèse par des mécanismes antioxydants, anti-hormonaux et anti-inflammatoires. Les cancers prévenus seraient les suivants :

  • Du foie
  • Du colorectum
  • Du sein
  • De l’endomètre

Le Cafestol et le Kahweal, 2 diterpènes spécifiques du café (nous l’aborderons dans le point suivant, jeune ami), peuvent réduire la génotoxicité de multiples carcinogènes. Dans ces analyse, les personnes qui ne boivent pas de café ont un risque plus élevé de leucémie que les buveurs de café. Toutefois, le faible nombre disponible de non-buveurs de café, l’absence de relation dose-réponse et le fait qu’aucune autre étude n’ait fait état d’une telle association suggèrent que cette conclusion doit être interprétée avec prudence.

Cependant, les récentes études sont également venues confirmer et préciser certains risques observés par les précédentes :

  • Le café peut provoquer temporairement de la tachycardie et/ou augmenter la tension sanguine, pouvant s’avérer risqué en cas de pathologie associée.
  • Le café peut avoir un effet anxiogène chez les personnes y étant spécifiquement et particulièrement sensible.
  • Un taux élevé de caféine pendant la grossesse peut entraîner une insuffisance pondérale à la naissance, et par conséquent divers problématique au nourrisson.
  • Un excès de caféine peut même provoquer une fausse couche. Disons que ça n’est pas la meilleure des idées de vous couler un Chemex 6 tasses, si ce n’est pas un mollasson bide à bière !
  • Une consommation importante de café non filtré et infusé à ébullition, peut avoir un impact sur le taux de cholestérol, comme nous allons pouvoir le détailler juste en dessous 👇

Café mauvais santé
Café et cholestérol, ou Cafestol et Kahwéol


Ne fuyez pas ! Ce n’est pas parce que vous éviter à tout pris le sujet, que votre foie vas « OUBLIER » cette dernière plaquette de beurre abusivement bretonne. On est pas dans Harry Potter; vous avez droit de prononcer son nom…🙂


Je ne cherche à culpabiliser personne, et encore moins ma tendre et merveilleuse audience; mais je dois préciser qu’il y a tout de même une sacré probabilité que le cadet de vos soucis vienne plutôt des pizzas que vous vous enfilez – plutôt que d’une fine mouture éthiopienne pressurisé dans votre tasse, soyons honnête !

Fin de ma parenthèse, vraiment pas objective, je vous l’accorde :

Il serait un vilain raccourcis de dire que le café contient du Cholestérol, comme on peut parfois l’entendre de la bouche dès plus paranos du sujet (Jean-Fabrice Quarantedetension). Dans les faits, le café peut cependant affecter la façon dont votre corps PRODUIT du cholestérol.

Comme nous avons pu le voir précédemment, certaine récentes études ont pu démontrer un lien entre le café et le cholestérol, et notamment à travers les diterpènes présents dans ce qu’on appelle les huiles de café, comme le Cafestol et le Kahweol.

Ces huiles sont naturellement présentes dans le café, tout comme dans le décaféiné d’ailleurs. Ce fier Cafestol semble avoir un impact sur la métabolisation et la régulation du cholestérol.

Selon une sérieuse méta-analyse réalisée par l’académie d’Oxford, ces huiles de café peuvent avoir un impact sur la diminution des acides biliaires et des stérols neutre. En d’autre terme, cette diminution de sécrétion pourrait entrainer une réponse « compensatrice » du taux de cholestérol. D’après l’étude, le Cafestol serait le composé chimique naturellement présent dans notre alimentation, ayant le plus fort potentiel d’augmentation du taux de cholestérol.

Prenons les choses avec des pincettes, et relatons intelligemment le tout au volume ingéré dans un café.

Concrètement, si vous n’êtes pas porteur d’une mutation génétique qui ralentirait le métabolisme du café dans votre corps, cela n’aura qu’un infime impact sur votre risque de maladie cardiaque.

Après, j’ai envi de vous dire, c’est un peu comme tout. Rien n’est bon avec excès ! Et surtout dans nos petits plaisir de la vie 🙂


café presse santé
Cafetière à piston, dangereux pour la santé ?


Lors de ma précédente énumération des risques liés à une consommation importante de café; vous pourrez remarquez mes précisions apportés sur les termes « non filtré« , et « infusé à ébullition« . Le type de détails que Claudette-machine-à-café ne prend jamais en compte !

Notre chère étude réalisée au sein de la même école que celle exploitée pour le tournage d’Harry Potter (tiens, tiens, tiens…), précise que la durée d’infusion entre votre mouture et votre eau déterminera clairement le taux de Cafestol et Kahweol présent dans votre café. Cette dernière précise également le rôle barrière plutôt conséquent du filtre papier dans la présence de ces deux diterpènes, et ce, peut importe le niveau de torréfaction.

Il vous suffit donc de lister les méthodes d’infusion lente et sans filtre (les plus connues) et vous obtiendrez naturellement les types de café pouvant avoir le plus fort impact sur votre sécrétion de cholestérol :

  • Café à la turque
  • Café à la Scandinave
  • Cafetière à piston (French Press)
  • etc

Quant aux autres méthodes d’extraction de café, et si vous flippez :

  • Une cafetière goute à goute basique en présente une quantité relativement faible, due à l’usage du filtre et d’une durée d’infusion modérée
  • Les méthodes d’infusion slow coffee utilisant un filtre ont également un faible impact sur le taux de cholestérol (Chemex, V60, …)
  • Les expresso (court ou allongés) présentent une quantité intermédiaire de Cafestol et Kahweol, du à la pression d’infusion et à l’absence de filtre.

De manière concrète et chiffrée, l’usage quotidien d’une cafetière à Piston à hauteur de cinq tasses par jour peut augmenter le taux de cholestérol sanguin de 6 à 8 %.



café femme enceinte
Café et Ménopause chez les femmes, ostéoporose ?

On retourne à Oxford. Harry Potter. Balais sous l’cul. Et on vas parler d’hermione !

Une intéressante analyse résultante du même pool d’étude sur le thème du café, vient également apporter des réponses à d’autres problématiques controversées.

  • Est ce que la consommation de caféine aurait un impact sur le taux de perte osseuse chez les femmes âgées (Claudette… !) ?
  • Comment la caféine interagit et cohabite avec les génotypes des récepteurs de la vitamine D ?

L’analyse, d’une durée de 3 ans et sur un groupe de plus de 200 individus est plutôt claire à comprendre. Chez les femmes ayant un apport en calcium supérieur à la médiane (744 mg/j) – les taux de changement osseux sur un an, ajustés en fonction des années écoulées depuis la ménopause + de l’indice de masse corporelle + de l’activité physique et de la densité minérale osseuse de base – ne différaient pas suivant de la consommation de caféine !

Cependant et parmi les femmes consommant moins de calcium, celles qui avaient les plus fortes consommations de caféine (plus de 450 mg/j – environ 5/6 expresso) ont connu une perte osseuse significativement plus importante que les femmes consommant moins de caféine.

La consommation quotidienne de caféine en quantités égales ou supérieures à celles obtenues à partir de 3 portions de café infusé, peut accélérer la perte osseuse au niveau de la colonne vertébrale et de l’ensemble du corps chez les femmes – dont l’apport en calcium est inférieur à l’apport alimentaire recommandé de 800 mg.

Tu es Claudette ? 55 ans, le sac à main rempli de pièces jaunes, armé pour vider la machine du bureau ? Et bien, utilise une partie de ces pièces jaunes pour te complémenter en calcium & everything’s gonna be fine 👩‍🦳

gout du café
Pourquoi le café est-il autant apprécié ?

Que cherche-t’on donc dans le café si ce n’est pas, du moins pas exclusivement, la caféine, ou ses bien-faits sur notre santé ?

La même question pourrait aussi être posé pour de beaux cigares cubains; puisque, même si ils ont des effets psychoactifs démontrables, le cigare n’a que rarement été l’objet d’usage toxicomaniaque, ce qui contraste avec la puissance de l’addiction à son piètre dérivé, la cigarette.

Ne serais-ce pas également la jouissance d’associer plaisir et quasi-absence calorique ?

On ne connaît pas encore tous les secrets des composants du café. Mais il a cependant été mis en évidence que certaines substances contenues dans le café savent se lier à nos récepteurs aux endorphines.

Les même que ceux pouvant être stimulés par une activité physique intense, en réponse à une douleur, ou après un rapport sexuel.

Le café pourrait alors avoir un effet analgésique, procurant une sensation de bien-être.

Si l’on cherche ce qui peut y avoir de commun entre ces substances, aliments et arômes aux notes torréfiées – faisant bien souvent appel à un savoir faire manuel et ancestrale : Café, Cigares, Chocolat noir, Malte certaines bières et j’en passe : je dirais qu’il s’agirait probablement de la maitrise de la chaleur, de l’infusion, de la maitrise du Feu.

On ne boit guère de café vert. Ce que nous recherchons se développe à la torréfaction. Les arômes du feu sont déjà présent avant même d’allumer un cigare, la réaction de Maillard entre les produits aminés, le feu et les sucres génère une extraordinaire palette d’arômes.

L’Homme aime les barbecues, le goût de grillé, « Roasted« , « Smoked« ,… Qui lui rappellent peut-être qu’un jour il a domestiqué le feu ? Peut-être est-ce dans cette communion que s’unissent ces plaisirs du quotidiens.